5 MYTHES AU SUJET DU LAIT | Aliment santé ou poison? Cancer, ostéoporose, poids, acné, pus & sang?

  5 mythes au sujet du lait - Cancer, ostéoporose, boutons, acné, prise de poids et pus | www.cuisinedopamine.com

Vous ne savez plus si vous devriez boire du lait ou non ? Cet aliment est-il dangereux pour la santé? Enfin une nouvelle capsule pour ma série dans laquelle je démystifie des croyances en matière d’alimentation et de nutrition!

Voici les 5 mythes qui seront abordés dans la vidéo
1) Le lait est fait pour faire engraisser les veaux (boire du lait peut vous faire prendre du poids) = 5 min.
2) Le lait augmente le risque d’ostéoporose (et de fracture des os) = 6 min 50 sec.
3) Le lait augmente la prévalence de cancer = 9 min 30 sec.
4) Le lait augmente la quantité de boutons et l’acné = 10 min 37 sec.
5)  Le lait contient du pus et du sang = 11 min 48 sec.

A. De quoi le lait est-il fait?

Pour commencer, j’aimerais qu’on s’entende sur ce que je veux dire par “lait”. Je fais ici référence au « liquide sécrété par les glandes mammaires en vue de nourrir un nouveau-né ». Donc, il ne sera pas question de substituts tels que les boissons de soya ou d’amandes. Si vous voulez en savoir plus sur la boisson de soya, passez voir mon article ICI.

Pour ce qui est du lait de vache, celui-ci est généralement pasteurisé dans le but de le rendre propre à la consommation humaine, et ce, peu importe la force de notre système immunitaire. Pour ce faire, le lait est chauffé à une température inférieure au point d’ébullition pendant une certaine période de temps afin de détruire plusieurs des micro-organismes/bactéries qui s’y trouvent. Toutefois, cela ne signifie pas qu’il est nécessairement approprié pour tout le monde d’en consommer, nous y reviendrons plus tard dans cet article…

Valeurs nutritionnelles du lait en bref (pour 1 tasse de lait 2% m.g.) :

=> 130 kcal
=> 8 g de protéines caséine + lactosérum)
=> 12,5 g de glucides (principalement le sucre nommé lactose)
=> +30% besoins Calcium
=> 50% besoins vitamine D
=> 15-20% besoins vitamine A
=> 30% besoins phosphore

Petit fait intéressant, le lait écrémé contiendra une teneur réduite en vitamines liposolubles (vit. A, D, E et K) comparativement aux laits plus gras tels que le 2% m.g. ou le 3,25% m.g..

Dans le but de réduire l’étendue des recherches, je me suis principalement concentrée sur les études évaluant les effets du lait sur la santé. Toutefois, certaines méta-analyses ont retenu mon attention même si elles traitent des produits laitiers de manière plus générale. Elles ont aussi été intégrées à l’article afin de l’enrichir.

 

B. Mythes (basé sur une méta-analyse d’études observationnelles et d’interventions contrôlées):

  1. Le lait est fait pour faire engraisser les bébés vaches

Il serait donc logique que le lait de vache fasse aussi engraisser les humains. Eh bien, au contraire! La composition du lait serait idéale pour faciliter la perte de masse adipeuse tout en conservant les muscles dans un contexte de déficit énergétique. Selon une méta-analyse comprenant 24 études au sujet des produits laitiers (ex : lait, yogourt, fromage, beurre …), on note une association positive entre la consommation de produits laitiers et l’adiposité abdominale ainsi que le risque de surpoids (1). Ceci signifie que les gens qui consomment plus de produits laitiers auraient moins de gras abdominal et seraient moins souvent en surpoids. Toutefois, cette étude s’attarde à l’ensemble des produits laitiers et il n’y aucune association directe avec le poids lui-même. Les résultats démontrent également que le yogourt et le fromage semblent avoir un avantage par rapport au lait.

  1. Le lait augmente le risque d’ostéoporose

On me dit souvent des choses comme : « Si le lait est nécessaire à la santé des os comme ils disent dans l’annonce là, pourquoi les Asiatiques (provenant surtout de la chine) ont-ils un taux de fracture inférieur aux Américains? ».

À mon avis, voici quelques raisons qui pourraient expliquer cette observation :

  • Il est important de comprendre qu’une corrélation entre deux événements, aussi forte soit-elle, n’implique pas nécessairement un lien de cause à effet.
  • Plusieurs autres facteurs ne sont pas contrôlés (ex : contexte de vie / hiver et glace, autres habitudes de vie telles qu’une alimentation comprenant plus de légumes/fruits et moins de produits transformés, mode de vie plus actif…) et font en sorte que les résultats obtenus en Chine ne sont peut-être pas applicables à notre population.
  • La majorité des personnes utilisant cet argument se basent sur l’ouvrage « China Study », un document ayant été remis en question et critiqué par plusieurs chercheurs en raison de la présence de failles importante au niveau méthodologique (2).

La consommation de lait serait donc associée avec un effet positif sur la densité des os caractérisée par une augmentation de la quantité de calcium emprisonné dans la structure osseuse ainsi qu’une réduction de la déminéralisation osseuse causée par l’âge (ce qui permet de conserver des os plus solides et résistants aux chocs).

  1. Le lait augmente le risque de cancer

En général, on note une association inverse avec les cancers colorectal, de la vessie, de l’estomac et du sein, alors qu’aucun effet n’est observé sur le risque de cancers pancréatique, des ovaires et du poumon . Les résultats sur le cancer de la prostate restent controversés (risque linéaire possible s’il est question de lait entier (3)) (4, 5). De plus, une consommation plus élevée de lait écrémé et de boisson de soya serait associée à un risque moindre de cancer du sein (6).

  1. Le lait augmente le nombre de boutons et aggrave l’acné

Vous pourrez constater dans la vidéo que je mentionne l’anecdote selon laquelle Cléopâtre améliorait l’apparence de sa peau en s’adonnant fréquemment à des bains de lait. Puisque c’est un argument de très piètre valeur scientifique, j’ai tout de même décidé de consulter quelques études afin de confirmer cette hypothèse. Il semblerait donc, au contraire, que les protéines du lait contiennent des hormones de croissances et stéroïdiennes naturelles qui pourrait faire augmenter indirectement la production de sébum. Ce mécanisme pourrait avoir cet effet en stimulant la production d’hormones androgènes, c’est-à-dire les hormones mâles aussi produites chez la femme (7). Par contre, chez l’adolescent il n’y aurait pas d’association directe entre la consommation de produits laitiers et la présence d’acné (8).

  1. Le lait contient du sang et du pus

Tel que je l’explique dans la vidéo, il faut comprendre la différence entre « pus » et « cellules somatiques ». Pour clarifier les choses, le pus est la substance jaunâtre composée des déchets de l’organisme (ex : cellules de peau et globules blancs morts) ainsi que d’autres bactéries et micro-organismes devants être excrétés du corps de l’animal. De l’autre côté, les cellules somatiques sont des globules blancs en santé ayant comme mission de protéger la vache contre les infections. Il est donc possible de retrouver un nombre contrôlé de cellules somatiques dans le lait destiné à la consommation humaine, mais la quantité de pus s’y trouvant sera quasi inexistante. Au Canada, si le lait d’une vache contient environ 200 000 cellules somatiques, elle sera considérée en parfaite santé alors que si celui-ci dépasse le 400 000 cellules, elle pourrait couvrir une infection alors le liquide sera jeté, et la vache, mise sous traitement (9).

C. Aspect éthique + environnemental

Afin de rendre la vidéo un peu moins complexe (et longue!), j’ai décidé de séparer la section abordant le volet éthique et environnemental de la consommation de lait. Si vous désirez en savoir plus à ce sujet, laissez-moi un commentaire!

D. Besoin d’une alternative?

Il existe plusieurs raisons pour lesquelles vous pourriez vous abstenir de consommer du lait. Au total, environ 15 à 20% des gens vivraient avec une intolérance au lactose. Ceci signifie que leur corps n’est pas en mesure de produire une quantité suffisante de l’enzyme lactase, laquelle permet de bien digérer le lactose du lait. L’importance des inconforts et des conséquences serait variable d’une personne à l’autre. Il est aussi possible, mais très rare, d’être allergique au lait, plus particulièrement aux protéines bovines. Dans ce cas, consommer la boisson pourrait mener à un choc anaphylactique et possiblement à la mort (oubliez tout simplement le lait de vache si c’est votre cas!).

Dans la vidéo, je partage certaines alternatives possibles au lait de vache, mais celle qui restera ma préférée est la boisson de soya non sucrée et enrichie en vitamine D et de calcium.

 

Tel que je l’ai mentionné plus tôt, plusieurs points importants n’ont pas été abordés dans cette vidéo. Si vous êtes intéressé à avoir plus de détails sur l’impact du lait de vache sur la masse musculaire, l’aspect éthique/environnemental, les autres produits laitiers, les probiotiques ainsi que sur les bénéfices des boissons de soya, laissez-le moi savoir dans les commentaires ci-dessous.

 


RÉFÉRENCES

  1. Schwingshackl L, Hoffmann G, Schwedhelm C, Kalle-Uhlmann T, Missbach B, Knuppel S, et al. Consumption of Dairy Products in Relation to Changes in Anthropometric Variables in Adult Populations: A Systematic Review and Meta-Analysis of Cohort Studies. PLoS One. 2016;11(6):e0157461.
  2. Hall H. The China Study Revisited: New Analysis of Raw Data Doesn’t Support Vegetarian Ideology Science Based Medicine2010 [Available from: https://sciencebasedmedicine.org/the-china-study-revisited/.
  3. Lu W, Chen H, Niu Y, Wu H, Xia D, Wu Y. Dairy products intake and cancer mortality risk: a meta-analysis of 11 population-based cohort studies. Nutr J. 2016;15(1):91.
  4. Thorning TK, Raben A, Tholstrup T, Soedamah-Muthu SS, Givens I, Astrup A. Milk and dairy products: good or bad for human health? An assessment of the totality of scientific evidence. Food Nutr Res. 2016;60:32527.
  5. Larsson SC, Crippa A, Orsini N, Wolk A, Michaelsson K. Milk Consumption and Mortality from All Causes, Cardiovascular Disease, and Cancer: A Systematic Review and Meta-Analysis. Nutrients. 2015;7(9):7749-63.
  6. Wu J, Zeng R, Huang J, Li X, Zhang J, Ho JC, et al. Dietary Protein Sources and Incidence of Breast Cancer: A Dose-Response Meta-Analysis of Prospective Studies. Nutrients. 2016;8(11).
  7. Romanska-Gocka K, Wozniak M, Kaczmarek-Skamira E, Zegarska B. The possible role of diet in the pathogenesis of adult female acne. Postepy Dermatol Alergol. 2016;33(6):416-20.
  8. LaRosa CL, Quach KA, Koons K, Kunselman AR, Zhu J, Thiboutot DM, et al. Consumption of dairy in teenagers with and without acne. J Am Acad Dermatol. 2016;75(2):318-22.
  9. Treur J. Milk Myths Debunked – Part 1: Is There Pus in Milk? In Under News2015 [Available from: https://inuddernews.com/2015/01/27/is-there-pus-in-milk/.